Roumanie 2002 :
Par Olivier C ![]()
Avant propos :
Ce voyage a été réalisé par notre ami Olivier C, il a ramené de nombreuses photos, ces photos sont de grandes tailles et d'une grande qualité c'est pourquoi nous avons choisi d'en reduire à la fois le nombre (pas trop quand même) et la taille. Vous avez accès aux photos originales en cliquant sur celles présentes dans ce récit. ![]()
I - Preparation :
He bien, en fait, il n'y a pas tant de préparation que ça : La Roumanie est en Europe et c'est un voyage touristique et non pas une expédition. Du côté administratif, il suffit d'avoir un passeport en cours de validité pour séjourner jusqu'à 90 jours en Roumanie ou en Hongrie. Pour la moto, les papiers francais sont valables : permis, carte grise et carte verte. J'ai quand même pris la précaution de me faire établir un permis de conduire international. Même s'il ne m'a pas servi, j'étais plus tranquille avec. Côté pognon, je suis parti avec 700 euros en liquide et ma carte bleue internationale. Chaque fois que c'était possible, c'est à dire partout sauf en Roumanie) j'ai payé l'essence en carte bleue. Je n'ai pas encore fait mes comptes mais je suis revenu avec pas mal de liquide et je pense que j'ai du dépensé en tout de l'ordre de 600 euros. Le gros buget est bien sûr l'essence. Pour l'hébergement, j'ai décidé de faire le plus possible du camping : c'est moins cher et de plus ca a l'avantage que l'on dort à 2 mètres de la moto. Par précaution, j'ai bien vérifié que mon assurance moto à la GMF incluait bien une assistance mécanique pour le véhicule et médicale-rapatriement pour le conducteur et cela valable dans tous les pays que j'allai traverser. J'ai soigneusement note le numéro de contrat et le numéro de télépone dans 2 endroits différents. Je ne me voyai pas être bloqué en Transyslvanie par une moto en panne par manque de pièce alors que le prochain concessionaire aurait été à 2000 km... Par chance je n'ai eu aucun besoin de faire appel à aucune assistance. Allant faire du camping, j'allai être assez chargé. Le gros sac que j'ai l'habitude de transporter transversalement sur ma petite planche bricolée pour s'enboiter dans les fixations de la selle passager n'allait pas suffire. Il me fallait donc des sacoches. J'ai étudié la solution des valises Miko de Touratech qui aurait été idéale mais j'ai toussé très fort en voyant le prix. Je me suis donc rabattu sur des sacoches cavalières 2x40 l de marque Cameron et qui m'ont couté moins de 100 euros. Le pb sur la GS est qu'une fois la selle passager enlevée, il n'y a quasiment plus d'épaisseur permettant de maintenir latéralement les sacoches. De plus le pot est tout disposé à bruler la sacoche de gauche. Jean-Michel Decroix, de la liste, m'a très aimablement envoyé la protection de pot qu'il s'était bricolé pour sa 1100 GS. Je l'ai donc utilisé en la modifiant légèrement pour l'adapter à la 1150. A droite pour empêcher la sacoche de balloter et de frotter contre le pneu , j'ai boulonné un profilé d'alu entre le point de fixation arrière de sacoche BM et la fixation du repose-pied passager que j'ai démonté. Le kit de fixation fourni avec les sacoches est franchement de la merde et je l'ai remplacé à l'avant par une sangle et à l'arrière par la sangle de portage. Au milieu, il y a les 2 attaches réglables par velcro classiques sur ce genre de sacoches. Pour les faire passer, j'ai du me refaire, une nouvelle planche de support de sac, plus étroite et avec un passage dans la mousse de protection pour ces 2 attaches. J'ai de plus conservé le top case BM ce qui me fournissait un endroit étanche pour stocker l'appareil photo numérique et, croyez moi, heureusement qu'il était étanche ! La bête chargée ressemblait donc à ça : Le pb auquel je n'avais pas pensé, c'est qu'une fois chargée, j'étais tellement gêné par les sacoches que je ne pouvais plus mettre la moto sur la béquille centrale. De plus, une fois sur la latérale, l'inclinaison était vraiment inquiétante : Cela m'a gêné pendant tout le voyage et j'étais obligé de choisir avec beaucoup de soin l'endroit où j'allai m'arrêter : si possible en pente vers la droite pour compenser l'inclinaison de la moto. Au prochain voyage, je rallonge absolument la béquille latérale ! Ceux qui m'ont vu à la GSR3 savent que je ne suis pas un géant ;-) et certaine fois j'ai bien cru que je n'allais pas réussir à relever la moto de la latérale pour démarrer. Ca me fait toujours rire quand j'entend des gaillards de 1,75 et plus, hésiter à acheter une GS à cause de la hauteur de selle ! D'ailleurs qui a dit qu'une GS c'est lourd ? Je peux vous dire que quand je conduisais la GS à vide sans mes 50 Kg de bagages, je la trouvai très légère ! En tout cas mes bricolages peu esthétiques (mais sur une GS à voile qui s'en soucie..) ont bien tenu le choc des 7000 km, des (très) mauvaises routes et des bouts de piste. Pour les photos, comme je l'ai déjà dit, j'utilise un numérique. Pour la capacité photo ca allait puisque j'ai un microdrive de 512 Mo qui permet une autonomie de plus de 300 photos en qualité maxi. Le pb venait plutôt de l'autonomie électrique puisque en camping je n'allai pas souvent disposer d'une prise. Heureusement, j'ai pu acheter sur le web un chargeur 12v à 45 euros (celui de Canon est à 160 euros !). J'avais donc 2 batteries, une dans l'appareil et une en charge dans la sacoche réservoir. Pour la navigation, j'avais acheté des cartes Michelin série rouge: 970 Europe 987 Allemagne, Benelux, Autriche, République Tchèque 926 Autriche 991 Slovénie, Croatie, Bosnie, Yougoslavie, Macédoine 925 Hongrie A priori, la seule carte routière de Roumanie disponible en france est la carte au 1/750 000 de l'IGN que j'ai trouvé à la boutique IGN rue de la Boétie. Avant de partir, j'avais à peu près décidé de l'itinéraire jusqu'en Roumanie où j'avais décidé de rentrer par le sud au poste frontière de Nadiac. Ensuite, c'est chaque soir que je décidais de l'itinéraire du lendemain en consultant mon guide du routard. Il y a très peu de campings en Roumanie et ce sont donc les campings indiqués dans le guide du routard qui m'ont fixé les étapes. Je m'écrivais ensuite le road book du lendemain dans un cahier spirale que je glissais dans la poche à cartes de la sacoche réservoir. J'avais bien sûr emmené mon GPS Garmin emap. J'ai été surpris de voir combien il m'a été utile. A mon grand étonnement, la grande majorité des villages que je traversais était connus du GPS et s'affichait sur la cartographie. Il est très rassurant de voir sur le GPS que l'on se rapproche du village qui est indiqué sur le road book et que l'on est donc dans la bonne direction. De plus pour les traversées de villes, je me faisais guider dans la direction de la prochaine ville ce qui m'a beaucoup aidé à trouver la bonne route de sortie. Les panneaux indicateurs sont en effet très souvent extrêmement fantaisistes. Le GPS m'a donc évité souvent de trop tourner en rond même si j'ai bien sûr eu droit aux gags habituels : culs de sac divers et variés et visites de banlieues douteuses.Avantage supplémentaire du GPS, c'est un engin fantastique à entamer les conversations ! Les roumains qui voyaient le nom de leur village affiché sur l'écran étaient sidérés et m'assaillaient de questions sur le principe de fonctionnement, sur le prix, s'il fallait payer un abonnement, etc.... Sur le groupe de 5 ou 6 qui m'entouraient dès que je m'arrêtais, il y en avait toujours un qui parlait un peu de francais ou d'anglais et qui traduisaient pour les autres. ![]()
II - Le parcours :
Grâce aux traces GPS, voici le trajet suivi : Je ne pensais pas faire autant mais cela représente 7106 km GPS et donc au moins 5% de plus au compteur Je suis rentré par le sud en Roumanie et ressorti par le nord. Les "trous" dans l'itinéraire correspondent aux moment où je ne me suis pas apercu que la mémoire du GPS était saturée. Pour obtenir cette carte, c'est un peu (beaucoup) de la bidouille. Dès que l'on se déplace, le GPS enregistre en permanence la position dans la "trace active". Cette trace active permet de stocker à peu près 2500 points ce qui représente un trajet de 200 à 400 km suivant le degré de sinuosité du parcours. Une fois, la mémoire saturée et rien ne prévient si l'on ne va pas voir sur l'écran de gestion des traces, il faut enregistrer la trace active. Cette opération compresse la trace de 2500 points en seulement environ 250 points suivant un algoritme qui détecte les lignes (suffisamment) droites et ne stocke que 2 points par "ligne droite". Il faut ensuite effacer la trace active pour pouvoir continuer à enregistrer son parcours. Le GPS n'est capable de stocker que 10 traces. Une fois la limite des 10 traces atteinte, je déchargais donc ces traces dans mon Palm Pilot gràce à l'excellent soft GPilots disponible en freeware sur : http://www.cru.fr/perso/cc/GPilotS/ Une fois rentré à la maison, j'ai déchargé les traces du GPS et du Palm dans mon PC avec le shareware GpsTrack ( http://www.gpstrack.com/ ). J'obtiens des fichiers texte contenant entre autre la latitude et la longitude en degrés décimaux. Je les charge dans Excel pour obtenir un tableau à seulement 2 colonnes latitude et longitude. Il ne me reste plus qu'à charger ce tableau Excel dans Autoroute Express 2001 avec l'assistant d'import de données. Quand je vous disais que c'est de la bidouille.... Mais moi ca m'amuse. En fait on peut faire la même chose de façon beaucoup plus simple avec le seul soft Mapsource de Garmin mais ca coute 5 fois plus cher que Autoroute Express. ![]()
III - France, Allemagne, Autriche :
Je suis donc parti le 14 juillet (après le défilé !) en direction de Colmar. Il fait gris et pas bien chaud. a mi-parcours, j'ai déjà droit à ma première averse. Dans les Vosges, je passe le col du Bonhomme dans un brouillard très dense et cela caille vraiment. Merci aux poignées chauffantes pour leur aimable participation ! 1ère nuit au camping de Colmar, j'ai à peine le temps de monter la tente qu'il se met à pleuvoir des cordes et cela durera toute la nuit avec des intensités diverses. 1er jour 476 km. Le lendemain passage en Allemagne : Passer une frontière dans l'espace Shengen se résume vraiment à lire un panneau. Ca commence bien : En prenant l'autobahn, je me trompe de sens et part en direction de Basel au lieu de Freiburg. Bien sûr, il se met à pleuvoir très fort. He bien, il y a beau ne pas avoir de limitation de vitesse, avec le traffic très dense, le revètement pas terrible et la pluie, je n'ai pas dépassé le 120, le tout en espérant qu'il y a une sortie proche pour pouvoir faire demi-tour. C'est bien le cas et je n'aurai donc fait que 20km en trop. Il arrète de pleuvoir lorsque j'arrive à Freiburg. C'est une jolie ville mais manifestement les allemands refont aussi les routes en été et c'est l'heure de pointe. Je met donc un temps fou à traverser la ville surtout qu'à cause de la largeur des sacoches, je n'ose pas me faufiler. Après avoir traversé, de belles zones de forêt assez vallonées et des villages tout pimpants j'arrive sur le lac de Constance ( Bodensee). Il se met bien sûr à pleuvoir et il y a là aussi beaucoup de circulation car c'est une zone très touristique. Je longe toute la rive nord du lac et me retrouve déjà en Autriche. L'allemagne est vraiment étroite dans cette partie. En Autriche, j'ai décidé de ne pas acheter la vignette obligatoire pour circuler sur autoroute. Je dois donc trouver la petite route qui attaque directement la montagne à partir de Dornbirn alors que tous les panneaux indiquent bien sûr l'autoroute. Grâce au GPS, je réussi à trouver la route qui débute par une rue sans indications. Au bout d'une quarantaine de km, je passe déjà mon 1er col à 1679 m d'altitude, le "HochTannberg Pass Nesslegg". Bonjour le nom, heureusement que j'ai la carte pour le retrouver ! En redescendant, j'arrive dans la grande vallée de l'Inn (qui mène à Innsbruck) où se trouve l'autoroute et ce n'est pas évident de l'éviter. Au bout de quelques km je m'échappe dans la vallée de l'Oetz où je vais trouver un camping pas mal à Umhausen. Je n'ai pas le temps de décharger la moto qu'un orage carabiné se déclenche. Stoïque, je remet mon casque et m'installe sous un arbre pour attendre la fin de la pluie. La famille Belge qui occuppe l'emplacement d'à coté me prend alors en pitié et m'invite au sec sous le auvent de leur tente. Je me retrouve donc dans un fauteuil confortable à siroter un verre de vin Argentin (pas mauvais) en discutant avec mes Belges Flamands qui parlent Francais pas mal du tout. Ils ont l'air plutôt étonnés d'apprendre que je vais en Roumanie ! Pour ma part, j'apprend que c'est dans cette vallée qu'on a trouvé le fameux Oetzi, c'est à dire le gars qui est devenu une vedette, sans avoir rien demandé, pour être resté congelé 5000 ans dans son glacier... La pluie s'arrete enfin : montage de tente, grignotage et dodo bercé (ou gêné ?) par le ronflement du torrent qui passe à 5 m de ma tente et qui vù la météo est très loin d'être à sec. Bilan du 2ème jour : 419 km en 9h de moto. Je ne vais franchement pas vite. ![]()
IV - Autriche, Italie, Autriche :
3ème jour, Il fait quasiment beau ce matin là avec même un rayon de soleil. Enfin, je vais pouvoir profiter des routes alpines. En quittant le camping, je fais un petit détour pour aller observer une cascade ce qui me permet de prendre des photos de Umhausen : En continuant la remontée de la vallée, je me dirige vers le col du Timmelsjoch. Le temps devient déjà gris. En m'arrêtant sur un parking pour une pause photo, je rencontre un couple Allemand sur une adventure. Nous discutons un moment en anglais puis, à la japonaise nous échangeons nos appareils pour nous prendre respectivement. La route est tellement protégée des avalanches que l'on ne voit plus tellement le paysage. 3 km avant le col, surprise : il y a un péage qui me coupe la route. Moi qui voulait éviter l'autoroute. Rien ne prévient en bas qu'il va y avoir ce péage (où alors je n'ai pas déchiffré le teuton) et en plus c'est cher, de l'ordre de 6 euros. En compensation, ils donnent un autocollant minuscule qui prouve qu'on est passé là. Il parait que c'est très prisé des motards allemands. Après avoir passé le col, on bascule en Italie. Ca ne change pas grand chose car nous sommes dans le haut Adige et les indications sont plus écrites en Allemand qu'en Italien. Au cours de la descente les 1ère gouttes commencent à tomber. Arrivé dans la vallée c'est un déluge, il y a 5 cm de flotte sur la route et je n'y vois rien. Pas question de sortir la carte et ayant eu peur pour l'étanchéité non garantie du GPS, je l'ai éteint et rangé dans le top case. Alors bien sûr, je me trompe de direction. ce n'est qu'une fois arrivé à Merano que je m'en apercois. Je repars donc en sens inverse. Au bout de 2 heures de déluge, je commence à sentir des infiltrations et le bain de siège commence malgré la doublure Goretex de la veste en Cordura. Je monte un nouveau col (le paso di monte Giovo ou Jaufenpass 2100m )toujours sous la pluie puis dans un épais brouillard le tout en me caillant. Le paysage doit être superbe...quand il fait beau. Je commence à me dire que l'autoroute c'est finalement pas si mal. Je repasse ensuite en Autriche près de Lienz. Ce n'est que près du camping à Murau qu'il cesse de pleuvoir. Sur les 478 km en 10 h de la journée, j'ai du en faire plus de 400 sous la flotte.... Au camping, il y a 2 motards Suédois en 1000 CBR et Triumph Daytona et on me donne l'emplacement voisin du leur. J'essaye de discuter avec eux mais malgré le fait qu'ils parlent bien anglais, manifestement je les emmerde et ils n'ont pas envie de causer avec moi. Plutôt froids ces nordiques ! ![]()
V - Autriche, Hongrie :
4ème jour, Je pars de Murau toujours en direction de l'est. Il s'est bien sûr mis à pleuvoir assez fort. A Judenburg, je quitte la grande route où le traffic est assez dense pour aller vers Gratz par le col de Gabel. Je n'en verrai pas grand chose à cause des conditions météo. Après 200km sous la pluie, le temps s'améliore quand j'arrive dans la plaine après Gratz. Près de la frontière Hongroise, une église haut perchée attire mon attention : J'arrive à la frontière Hongroise à Heiligenkreuz. Elle s'annonce d'abord par une file de camions arrêtés d'au moins 2kms. Heureusement pour moi la file pour les véhicules légers est beaucoup moins longue. D'un seul coup en plein soleil avec ma veste noire, je crève de chaud. J'enlève donc gants, casque et veste et pousse à pied la moto dans la file. Au bout d'une heure à peu près, j'arrive à la guérite où en plus du passeport, je dois montrer les papiers de la moto. 20 m plus loin le douanier me fait signe de passer sans s'intéresser du tout à mon chargement. Me voila en Hongrie, en europe de l'est ! Dire qu'il y a un peu plus de 12 ans, c'était derrière le rideau de fer... Après avoir changé quelques euros en Forints (1 euro = 240 forints), je continue ma route en Hongrie. J'ai tout de suite l'impression que la Hongrie est prète à rentrer dans l'Union Européenne, on voit à peine la différence avec l'Autriche même si je lis le magyar encore moins bien que l'allemand. Toutes les stations services sont ultra modernes et acceptent la carte bleue. Le litre de SP95 est à 230 forint soit plus cher qu'en Autriche (0.89 euro). Les routes sont en très bon état. La seule indication que l'on est à l'est, ce sont les quelques Trabants et Wartburg que l'on double. Mais la majorité des voitures sont des Audi, Skoda et Volkswagen neuves. Le paysage n'est pas très passionnant car c'est vraiment très plat et ce sont seulement des champs soigneusement cultivés à perte de vue. Chaque route est doublée d'une piste cyclable. Les villages sont plutôt mignons avec les facades des maisons souvent crépies de couleur vives. Ca ressemble vraiment aux Villages de la plaine Autrichienne. J'arrive dans la région du lac Balaton et le temps se gate même s'il ne pleut paset la circulation se densifie de plus en plus avec beaucoup de plaques étrangères, surtout des allemands mais aussi des autrichiens, des tchèques et des polonais. Le lac Balaton fait 70 km de long sur 3 à 4 de large, c'est le plus grand lac d'Europe. Avant l'ouverture des pays de l'est, c'était le lieu de vacances de toutes les démocraties populaires. Les allemand de l'ouest pouvaient y rencontrer leur famille d'allemagne de l'est. Dans les nombreux villages qui entourent le lac et dont la pluspart des noms commencent par Balaton, il y a de nombreux campings et 80% des maisons portent un écriteau "Zimmer Frei". Il y a des fast foods occidentaux et des baraques à frites partout. Je choisis donc un camping à Badacsony en pensant rester 2 nuits ce qui me permettrait de me reposer une journée en bullant sur une plage (de gazon). J'ai à peine monté ma tente qu'un type me baringouine pleins de choses en allemand en me montrant des pièces en euro. Je ne comprend rien à ce qu'il me raconte et au bout de 5 mn il abandonne. Je crois qu'il veut me changer des euros au noir ...Un quart d'heure plus tard, il revient avec sa femme qui parle anglais. En fait, c'est un Hollandais qui fait la collection de toutes les pièces Euros de tous les pays de l'union. Il veut donc échanger ses euros hollandais avec mes euros francais, ce que je fais de bon coeur. Le soir je vais visiter la plage à coté du camping. En fait, c'est comme une piscine, c'est un terrain privé et il faut payer l'entrée (50 centimes d'euro). A l'intérieur, il y a des cabines pour se changer, des baraques à frites et des balancoires pour les enfants. Je remarque en voyant les rares baigneurs ( à cause du temps) qu'il doivent s'avancer dans le lac d'au moins 300 m pour avoir de l'au jusqu'à la ceinture. 5ème jour En guise de plage, il pleut toute la journée que je vais passer en entier à me morfondre sous ma tente. J'avais amené un bouquin de poche qui est torché dans la journée. ![]()
VI - Szeged ( Hongrie) :
6ème jour Au départ, je prens une photo du lac Balaton mais le temps est vraiment triste : Après la traversée sans problème de la plus grande partie de la Hongrie, j'arrive dans le sud-est à Szeged où je vais directement m'installer dans le camping. C'est un camping énorme en pleine ville et très sécurisé. Il ya un gardien à l'entrée 24h sur 24 qui ne lève la barrière aux véhicules que sur présentation d'un laissez-passer. Je remarque aussi la nuit des patrouilles de police en voiture. Remarquez sur la photo que tous les bungalows sont sur pilotis. Le camping est en effet au bord de la rivière Tisza et est en même temps un port de plaisance. Les pilotis sont justifiés par la peur des inondations : en 1879 la ville a ete entièrement détruite par les inindations (ca ne doit pas être triste en ce moment...). Elle a ensuite été entièrement reconstruite avec pour la 1ère fois un plan d'urbanisme. Des rues en étoile coupent deux boulevards concentriques et l'architecture des batiments est superbe. C'est maintenant une ville universitaire très animée. Je découvre en me baladant une Trabant kékétisée qui m'amuse beaucoup : ![]()
VII - Alba Iulia et Sibiu :
7ème jour Départ du "camping" de Chiscau.La route se fait de plus en plus montagneuse, j'ai droit une fois de plus à un gros orage mais il ne dure pas.Redescendu dan la plaine, voici le genre de paysage : Remarquez les bottes de foin dans le pré, on en voit partout. A la sortie d'un village, j'apercois un "batiment" bizarre. En m'approchant je m'apercois qu'il s'agit de la cabane d'une famille tszigane. Elle est fabriquée à base de planches, de carton et de tôle ondulée. Ce sont vraiment les pauvres parmi les pauvres. De plus les roumains non tsziganes sont extrêmement racistes avec eux et les considèrent comme des étrangers. D'après mon guide, les tsziganes seraient arrivés du nord de l'Inde au 5ème siècle. Ca fait peut-être assez longtemps pour être naturalisés ??? Je traverse des petits villages de montagnes avec parfois des églises toutes neuves assez mignonnes : Mais en pleine cambrousse, on peut tomber sur un site industriel tout pourri avec une colline de déchets chimiques à côté. Merci à Ceasescu d'avoir voulu industrialiser de force son pays... A Alba Iulia, on trouve les immeubles typiquement roumains, c.à.d. très moches mais aussi une citadelle de style Vauban qui a été construite par les Hongrois au 18ème. Sibiu, appelée aussi Hermannstadt, a été construite par la minorité Allemande que les rois Hongrois ont fait venir à partir du XIIème siècle pour qu'une population chrétienne puisse lutter contre l'influance des Turcs. Cette minorité Allemande, qui a subi une forte répression après la seconde guerre mondiale, a émigré massivement en RFA depuis 1990. Il ne reste donc pas beaucoup de ces "saxons" maintenant. Par contre dans cette région, tous les roumains se sont adressés à moi en allemand. Le centre historique de Sibiu est très agréable à voir : ca change du béton pourri habituel. Le matin dans le camping de Sibiu, l'équipe d'entretien du gazon arrive. Il s'agit d'un troupeau de moutons qui est laché dans l'enceinte. Mais manifestement, ce matin là, ils n'avaient pas envie de bosser et sont allés roupiller sous le kiosque : Les villages de cette région ont eux aussi été construits par les Saxons et ont tous leur citadelle pour se réfugier en cas d'attaque Turque . On y voit de nombreux nids de cigognes et ils sont bien occupés. Sur la photo ci-desus, le batiment devant ma GS, n'est pas un abri bus mais le poste de police. En effet dans tous les villages même les plus petits, il ya un poste de police, sans doute un héritage de l'époque du flicage généralisé... Maintenant les policiers sont plutôt sympas : Je me suis fais arrêter pour contrôle et après lecture rapide des papiers, comme d'habitude j'ai eu droit aux nombreuses questions sur le GPS. ![]()
VIII - Sibiu - Rasnov - Bicaz :
8ème jour Je continue à traverser des villages Saxons. Dans un village, je m'apercois qu'il n'y a pas l'eau courante car de nombreux habitants viennent faire le plein de leur sceaux au puit à balancier L'eau y est fraiche et très bonne.Pour manger, j'achète la plus part du temps des sandwiches chauds dans les nombreux "fast food" locaux. Ce qui est marrant, c'est que le magasin est assez grand mais que l'on ne peut pas y rentrer. Il faut commander par le petit guichet.De façon assez étonnante, un magasin naturiste, ca vend des chaussures en Roumanie ! Dans un pays qui a quand même beaucoup de retard, on trouve des cyber-cafés un peu partout : J'arrive près de la ville de Brasov et commence par monter à Proiana-Brasov la station de ski toute proche. C'est la plus grande de Roumanie mais il n'y a qu'une douzaine de pistes. J'y vois une jolie chapelle toute en hauteur et entièrement en bois. En redescendant sur Brasov, on a une belle vue sur la ville Je vais poser ma tente dans un camping près de Rasnov. Après avoir diner, je suis en train d'étudier sur la carte l'itinéraire du lendemain quand 2 Roumains s'approchent et me demandent : "S'il vous plait, monsieur, vous vouloir venir parler avec nous ?" Je me retrouve donc autour du feu de camp de la famille Anca, avec une escalope de porc dans une main et un verre d'alcool de prunes dans l'autre. Les parents ma parlent en francais qu'ils n'ont pas pratiqué depus le secondaire tandis que les enfants baragouinent l'anglais. Je suis le 1er occidental qu'ils rencontrent et je suis assailli de questions sur ce que je pense de la Roumanie, ce qu'on en dit en France, sur qui a gagné l'étape du jour du tour de France. Ils sont très étonnés que je voyage seul et en plus en moto. Ils ne comprennent pas qu'un francais, donc riche, ne voyage pas en voiture plus confortable. La conversation va se poursuivre jusqu'à 2h du matin et je suis bourré en allant me coucher... 9ème jour Le lendemain, ils vont visiter le chateau d'été de l'ancien roi de Roumanie et m'invitent à y aller avec eux. Comme c'est seulement à 30km, j'accepte. Le lendemain matin, pendant le petit déjeuner, je leur prète mon guide du routard, en leur indiquant le chapitre sur l'histoire récente de la Roumanie. Ils sont passionés. Madame lit en francais et fait la traduction pour le reste de la famille qui fait de nombreux commentaires. Nous échangeons aussi nos adresses email car s'ils n'ont pas de PC chez eux, les jeunes fréquentent assidument les cyber-cafés. Depuis mon retour, je leur ai fait passer l'URL du site avec mes photos et ils sont venus les voir. Je garde un excellent souvenir de l'acceuil chaleureux de cette famille. Le chateau Peles à Sinaia était la résidence d'été du dernier roi de Roumanie. Il s'agissait d'un prince Allemand et le chateau est donc dans le style rococo deschateaux de Louis II de Bavière. L'intérieur du chateau est intéressant mais le style est vraiment trop chargé à mon gout. de plus rien ne vient de Roumanie... Je quitte à Sinaia, la famille Anca car ils continuent vers le sud et moi je veux aller vers le nord. Sur la route, un passage à niveau se baisse. Je m'arrète mais ne voit pas de train. 20 mn plus tard, toujours pas de train, la queue s'allonge. Tout le monde, y compris la garde-barrière, à l'air de trouver ca normal. Les gens sont sortis des voitures et des vendeurs ambulants sont arrivés. Enfin au bout de 25 mn, un train passe et tout ce petit monde repart. Dans la montagne, je passe dans les gorges de Bicaz qui sont très étroites. On est à au moins 30km du prochain village en pleine montagne mais cela n'empèche pas une charette de passer.Le camping de Bicaz est en fait une rangée de bungalows sur un parking près du barrage. De l'autre côté de la route, juste en face, 2 familles font du camping sauvage avec la radio de la Dacia à fond. Sur le barrage, il y a des gardes avec des kalachnikovs et des panneaux i,diquent l'interdiction de photographier. Encore un reste de la paranoia de l'époque Ceausescu. qu'a à cela ne tienne, je prend les photos en contrebas du barrage : Pour une fois, il fait très beau. ![]()
IX - Bicaz- Dragormina :
En quittant Bicaz vers le nord, je quitte la montagne et arrive en Moldavie Roumaine, en Bucovine plus précisément, c.à.d. le Nord Est de Moldavie, bordé au nord par l'Ukraine et à l'Est par la république Moldave. En fait, C'est le le tsar qui au 19ème siècle a conquis la moitié est de la Moldavie pour en faire la Bessarabie. C'est maintenant la république Moldave même si sa population n'est plus du tout moldave grâce au camarade Staline qui l'a gentiment invité à prendre le frais dans les goulags de Sibérie. Il n'y a donc plus de liens culurels entre la Moldavie Roumaine et la république Moldave. Les vrais Moldaves habitent donc la Roumanie... La Bucovie est une région vallonée très verte. Les villages de Bucovine ont une particularité : ce sont les palissades et les porches en bois devant les maisons. Il sont superbement décorés d'une vraie dentelle de bois. Une fois de plus, la campagne est pleine de paysans en train de faire les foins à la faux et au rateau. Je croise sur les routes d'innombrables charettes pleines de foin. La Bucovine, c'est aussi la région où se trouvent les plus célèvres monastères Roumains. C'est sur le parking du monastère de Patrauti que je rencontre le seul motard Roumain de mon voyage. En plus, ce n'est pas une utilitaire : il fait lui aussi du tourisme avec sa copine et sa bécane (alors les spécialistes, c'est une Ural ou une Dniepr ???) est équipée GT avec pare-cylindres et sacoches maison. C'est dommage qu'il ne parle que quelques mots d'anglais, les échanges seront donc limités. Le monastère de Patrauti n'est pas extraordinaire, à mon avis, mais ce qui est original, c'est que les nonnes habitent dans les maisons qui entourent le monastère. En quittant Patrauti, je décide d'aller voir à quoi ressemble la frontière Ukrainienne de Siret qui n'est qu'à une trentaine de km. Je décide de prendre le chemin direct en suivant la direction du GPS. Je me retrouve très vite sur de la piste toute plate et donc très facile. Il faut quanf même faire attention car de temps en temps il y a des grosses plaques de gravier ou des nids de poules assez énormes. Arrivé à la frontière où, le moins que l'on puisse dire, est qu'il n'y a pas de bouchon et qu'il n' y a pas grand chose à voir., je suis entouré par 4 ou 5 types qui me posent plein de questions en roumain. Vù que je n'y comprend que couic, ils vont chercher un jeune qui parle pas mal du tout anglais et qui s'appelle Beje. J'ai alors droit à une foule de questions sur la moto et le GPS : le prix, la vitesse, la puissance, la consommation, etc, etc... J'apprend qu'ils sont là pour gagner de l'argent en changeant de l'argent au noir. Ils ne doivent pas faire fortune vù le peu de passage à la frontière... Beje veut absolument monter sur ma moto. Je le laisse faire : C'est lorsque je le prend en photo que je réalise que j'ai laissé la clé de contact dessus. J'aurai été dans une sacré merde s'il s'était barré avec la GS ! Mais je suis rassuré par ces questions : il me demande ou se situent l'embrayage et le passage des vitesses. Manifestement, il ne sait pas conduire. Une fois de plus, je suis étonné quand il me demande de mettre sa photo sur le web et me donneson adresse email ! Nous avons donc depuis déjà correspondu plusieurs fois et je suis donc maintenant au courant de toutes les motos qui passent la frontière Ukrainienne à Siret. Les derniers sont 4 allemands en Hondas ! J'ai appris depuis, qu'en fait il est étudiant en finances et business et qu'il ne pratique le change au noir que pendant les vacances scolaires. Le retour de la frontière s'effectue aussi par la piste en évitant la grande route qui va de Siret à Suceava. Je passe quand même à Suceava pour voir la ville qu'habite la famille Anca qui m'a si bien recu au camping de Rasnov. Le père m'a dit qu'il était ingénieur chimiste. Je devine aussitot où il travaille : il y a une énorme et horrible usine chimique en plein centre ville. D'énormes tuyaus jaunes délavés courent le long des rues et forment un grand U inversé en l'air pour laisser passer le traffic des rues perpendiculaires. C'est très esthétique.... J'arrive à Dragormina petit village célèbre pour son monastère qui ressemble plus à un chateau fort : Juste en face, il y a un petit camping de bungalow où je vais installer mes pénates pour la nuit. J'ai atteint aujourd'hui à la frontière Ukrainienne le point le plus éloigné de mon voyage. Demain commence le retour... Je n'ai fait que 283 km ce jour mais le GPS m'indique que j'ai parcouru 3459 km depuis Paris ![]()
X - Dragormina - Alpahida :
Je pars de Dragormina après avoir fait à pied le tour du monastère dans la lumière du petit matin. Ca a quand même de la gueule ! Ce coup çi, c'est le début du retour et la direction, c'est plein ouest. Dans la premère ville que je traverse, je tombe sur un attroupement en contrebas de la route. Je comprend de quoi il s'agit : En France, pour vendre sa voiture, on va souvent le dimanche matin sur les parkings de super-marché. Ce que j'ai sous les yeux, c'est l'équivalent roumain pour les charettes hippomobiles et ca se passe dans un terrain vague : Tout en allant vers l'ouest, je remonte aussi vers le nord et me retrouve à longer la frontière. L'Ukraine est juste de l'autre côté d'une petite rivière. Dans un coin isolé, j'ai vu des clandestins passer à gué en Roumanie avec leur vêtements en boule sur la tête. La vie ne doit pas être bien gaie en Ukraine pour qu'il y ait des émigrés clandestins en Roumanie... Il y a même de temps en temps de miradors gardés par des soldats J'arrive dans la petite ville frontière de Sighetu Marmatiei qui est très animée car c'est le jour du marché. Personne n'a l'air d'y être étonné par les 2 vaches qui se baladent sur les trottoirs en broutant les massifs de fleurs. Je me gare près de la 2ème et dernière moto roumaine du voyage. Il s'agit d'un superbe side-car Dniepr ou Ural (avis des spécialistes ??) qui usurpe sans vergogne le logo de notre marque bavaroise préférée. 2 motards arrivent sur 1 transalp et 1 MZ 250. Il s'agit de 2 allemands qui passent 3 semaines chez un ami Roumain. Le pilote de la MZ a cassé 2 fois son moteur mais à chaque fois gràce à la simplicité mécanique de l'engin , les mécanos roumains lui ont réparé en allant jusqu'à lui ressouder son boisseau de carburateur ! (sous réserve que j'ai bien compris ce qu'il me disait en très mauvais anglais) Je traverse des zones de plus en plus montagneuses et l'altitude augmente rapidement. Je vois beaucoup d'endroit où les bucherons font le débardage avec des chevaux. En arrivant en haut du col de Prasul dans les Maramures, je m'arrète. Je suis aussitôt entouré par des vendeurs de myrtilles qui veulent absolument de fourguer toute leur cargaison. La plus jeune n'est vraiment pas vieille. Sous un joli portique de bois, une piste se présente. Me souvenant ce que signifie le G de GS, je ne peux m'empêcher d'aller voir à quoi elle ressemble. En fait ca ressemble pas mal aux pistes alpines, telle l'Assieta, que j'avais parcouru l'année dernière. Sauf que là, au bout de 2 km, j'ai 5 chiens de bergers (genre Belle de Belle et Sébatien) qui me courrent après en aboyant et en essayant de me gniaker les mollets. Je suis donc obligé d'aller plus vite que je ne l'avais prévu ! Heureusement, les molosses essouflés me lachent et je peux m'arrêter pour piqueniquer. Une fois de plus, l'endroit que je crois isolé ne l'est pas, un type passe avec son cheval juste au moment où j'avais commencer à baisser mon froc pour satisfaire un besoin naturel. Panique à bord et remontage express de froc ! Je vais continuer la piste pendant une quinzaine de km en gardant la direction générale grâce au GPS aux nombreux embranchements. Il y a en effet des pistes partout et bien sûr sans aucun panneau d'interdiction comme partout en France. Ca me donne envie de revenir rien que pour faire de la piste dans la région. Vers 16h, j'arrive déjà dans la ville où le guide du routard indiquait un camping. Il y a un orage carabiné. Je ne vois pas de camping et de toute façon, je n'ai pas envi de monter la tente sous la flotte. Je décide donc de continuer. Ce n'était sans doute pas une bonne idée car à 21h, je n'ai toujours pas trouvé de lieu d'hébergement. Je m'engage sur une petite route en me disant que je vais trouver un coin pénard pour du camping sauvage. Mais, évidemment, je ne trouve pas. Les villages sont trop proches les uns des autres. Il se met à pleuvoir des cordes et la nuit tombe. Je commence à trouver l'aventure peu à mon gout car je n'ai vraiment pas envi de passr la nuit dehors sous la pluie. Les traversées de village sont hallucinantes car il n'y a aucun (je dis bien aucun) éclairage publique et les maisons éclairées sont rares. Tout à coup à la sortie d'un village, sans rien comprendre, je me retrouve en dérapage des 2 roues et évite d'extrême justesse de me foutre par terre. La route goudronnée s'est arrêtée brutalement pour se transformer en piste qui, détrempée, glisse comme du verglas. Dans le noir et avec la pluie, je n'ai rien vu venir. Là, je me suis fait peur et je décide d'arrêter les conneries et de renoncer au camping. Je fais donc demi tour pour retrouver la grand route à 25km. Sur cette grande route, à 22h30 et toujours sous une pluie énorme, je vois un avec soulagement un néon rose qui indique MOTEL. Il leur reste une chambre que je vais payer au moins 20 euros ce qui est hors de prix (salaire moyen mensuel de l'ordre de 100 euros). Les rares clients qui sont au bar ont l'air effarés de me voir débarquer complètement trempé et de me voir faire 5 voyages entre la moto et la chambre pour monter tout mon barda. Dans la chambre, il y a une belle lampe de chevet mais je m'apercois qu'il n'y a aucune prise pour la brancher. Il y a une salle de bain avec toilette et douche. La douche n'a pas de rideau et il n'y a pas de robinet d'eau chaude. Depuis ma tentative du matin, j'ai toujours envie de me soulager et je veux donc utiliser les toilettes. Là je manque de rendre mon diner (ca tombe bien, je n'ai pas diné !) car même si la chambre a été faite (les draps sont propres) le précédent occupant m'a laissé un souvenir dans la cuvette et cela depuis plusieurs jours. Il me faudra tirer la chasse 10 fois de suite pour arriver à une eau presque transparente et pour pouvoir envisager d'utiliser l'engin ! C'était ma plus grosse journée en Roumanie, j'ai parcouru 558 km en plus de 12 heures et je suis crevé : dodo ! ![]()
XI - Alpahida - Lac Balaton (Hongrie):
C'est mon dernier jour en Roumanie. Je décide de ne pas sortir par le même poste frontière qu'à l'arrivée. Ce sera donc Bors près d'Oradea que je choisis. Il est situé sur une route plus petite et j'espère donc mois d'attente. Le chemin du retour me fait prendre la grand route qui relie Cluj-Napoca à Oradea sur 150 km. C'est l'équivalent d'une grande nationale française avec beaucoup de traffic. Le paysage est sympa mais pas extraordinaire. Il s'agit de grande plaines herbeuses légèrement vallonées par endroit. Ce qui va fortement m'étonner ce sont les travaux. Le long de la route, à 5 m du goudron, une tranchée est en train d'être creusée pour faire passer un cable électrique ou de télécommunications. Mais il n'y a aucune pelleteuse. Ce sont des terrassiers qui font tout à la pelle et à la pioche. Sur 60 km, je verrai ainsi des centaines et des centaines d'hommes en train de creuser. C'est clair que ca fait de l'emploi mais ca montre aussi que les salaires sont extremement faibles. La route aussi est en cours de réfection en des quantités d'endroits. elle est toujours refaite par moitié et la circulation est donc alternée sur l'autre moitié par des hommes porteurs de fanions rouges et verts. Sur les 150 km, il y avait peut être une trentaine de zones alternées et vous pouvez imaginer la moyenne que cela peut donner même en moto en remontant les files. Arrivé à Oradea, je prend mes dernières photos d'immeubles roumains qui me frappent toujours par leur mocheté inimitable. Ce qui m'amuse toujours, ce sont les noms des "magazins" : Dans cet immeuble, il y a un classique "magazin alimentar" (épicerie) mais aussi un "Depozit en gros - en detail". J'ai vu des quantités de depozit en gros avec souvent des aurtaugraf fantaisistes : depozit en gros depozit an gro depozit en gross la gare routière d'Oradea avec encore une église en construction Arrivé à la frontière, je suis encore du coté roumain quand un type me fait arrêter avec des grands signes. Il m'explique qu'il est hongrois, qu'il s'est fait arrêter par la police roumaine pour excès de vitesse et qu'on ne le laissera sortir de roumanie que s'il paye 80 euros. Il n'a malheureusement pas la monnaie et me montre un billet de 200 euros qu'il me demande d'échanger contre 2 billets de 100. J'ai justement encore 2 billets de 100 mais sa demande pue l'arnaque : La police roumaine ferait payer ses amendes en devise étrangères ? Je n'y crois pas et j'ai trop peur de me retrouver avec un faux billet et je refuse donc. J'ai peut-être été salop avec un type dans la mouise, mais prudence est mère de sureté ! Comme prévu, le passage de la frontière est ce coup çi, très rapide. En 20 minutes, je suis du coté Hongrois. Dès le 1er village hongrois, c'est le constraste : tout est propre pimpant et bien entretenu. j'ai vraiment quitté la Roumanie ! Par l'excellent réseau routier hongrois (sans travaux et tout neuf), j'arrive rapidement au lac Balaton où je me trouve un camping pour la nuit. ce n'est pas évident car beaucoup sont pleins et d'autres ne sont pas intéressés par un client qui reste une seule nuit. Le camping est bourré d'allemands d'ex Allemagne de l'est, de tchèques et de quelques polonais. Contrairement à l'aller, il fait un temps magnifique et je vais aller immortaliser le coucher de soleil sur le lac :
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