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i - 1979, la BM Eprouvette :
A la veille des années 1980, l'image de la moto s'oriente de plus en plus vers l'évasion, le succès considérable de la YAMAHA 500 XT donne aux motards des envies de voyages. L'année précédente avec l'organisation du premier raid Africain « Cote d' Ivoire/Côte d'AZUR » , un concurrent du nom de Thierry SABINE, s'il ne brille pas dans l'épreuve, mûrit l'idée qui allait bouleverser les sports mécaniques : le plus grand, le plus beau raid jamais imaginé pour l' automobile, mais aussi et surtout pour la moto : Le Paris Dakar. Organisateur d'épreuves de renom, tel « Le Touquet » puis la « croisière verte », Thierry SABINE rêve de voir s'affronter sur les pistes africaines tout type de pilotes, sur des machines qui, n'étant pas de compétition, seraient accessibles à tous ou presque. Cela dans une épreuve où une grande part serait consacrée à la navigation, les pilotes « Lambdas » auraient leur chance face aux ténors des championnats mondiaux. Une vingtaine d'éditions plus tard, il faut bien reconnaître que ces objectifs, n'ont pas été vraiment atteints, car comme toujours quand le succès est là, le fric ne tarde pas à dicter sa loi. Reste et restera le rêve du dépassement de soi dans une des plus fabuleuse épreuves. Dès que TSO lance son projet, le succès est immédiat, Honda propose même son soutien à de simples possesseurs de 250XLS créant ainsi un chalenge très accessible. Ainsi 88 motos sont engagées au départ de la course. A la lecture de la liste des engagés, outre pléthore de 500XT et nombre de 250 XLS (la 500 n'étant pas commercialisée), sans oublier l'engagement de l' importateur GUZZI avec des V50TT dont un proto avait été présenté au salon, se remarque un intrus, en la personne de FENOUIL sur une BMW 800. Mais que vient faire la « grosse » Teutonne dans une épreuve tout-terrain ? Il y a bien la R65 de Philippe JAMBERT, mais c'est une machine de route sans aucune prétention de victoire. En fait FENOUIL, connaît bien l'Afrique et il se fit remarquer au rallye Abidjan-Nice » avec un proto 400 KAWASAKI , il a bien compris l'enjeu du Dakar (Dont il rendra compte de la phase de préparation dans les colonnes de Moto-Journal) et son choix de monture ne s'est pas fait par hasard. Son choix se porte donc sur une version ISDT de la R80/7 dont la préparation (pistons, cylindres et culasses) a été confiée au spécialiste Allemand SCHECK, tout en restant très proche du modèle de série. Ainsi le cadre, la fourche et le bras oscillant sont de série, ainsi que les carburateurs (rapprochés des culasses pour ne pas géner le pilote), pour une plus grande fiabilité. En fait son postulat est 20km/h et 20 kilos de plus que les XT. Le 26 décembre 1978, la caravane des engagés s'élance au travers de l' Afrique après le devenu traditionnel prologue Hexagonal. Très vite les cartes se distribues et un certain Cyril NEVEU emmène la cohorte des motards dans sont sillage. L'Algérie et le Niger, n'ont permis à la BMW que de suivre dans le peloton, mais dès l'entrée au Sénégal, le couple du Flat-Twin s'impose comme imbattable, ainsi lors de l'étape GAO-MOPTI, Fenouil prends la tête roulant à 180km/h sur le sable. Seulement la violence des chocs entraine, un par un, la rupture des rayons de la roue AR, et Fenouil devra terminer à 60km/h en se faisant rejoindre par ses poursuivants. Les concurrents approchent de Dakar, les étapes Bamako-Nioro et Nioro Kayes, sont de vrais enfers. Avec pires conditions de roulage : fesh-fesh, cailloux cassants et autre nids-d'autruche. Fenouil suit et se maintien en haut du classement avec seulement une panne d 'allumage vite réparée. La BMW reste 4ème du classement, et l'on sait dès lors que l'avenir du Dakar se jouera du côté de Munich. Malheureusement, après 8000km de combat, c'est la catastrophe. Dans la dernière spéciale de 500km, ralliant Baquel à Louga, seulement à 60km de la gloire, une bielle du 800 casse. Garcy le mécanicien arrivé sur place tente de déposer la bielle incriminée afin d' essayer de finirsur une patte, la légende raconte même que la bielle aurait été coupée au chalumeau et le bloc refermé avec un morceau de bois. Mais la mécanique à des lois dont on ne peut déroger, et 20km plus loin, le vaillant Twin rend sont dernier soupir, au grand désespoir du noble Fenouil. Une chose est sûre l'année suivante, on reparlera de BMW. Il est à signaler que peu après la mésaventure de Fenouil, un certain Hubert Auriol, alors qu' il était 3ème au général casse le moteur de sa XT et perd ainsi 7 heures qui le font arriver 12ème à Dakar. ![]()
II - 1980, L'exprimentation animale :
Après le succès, tant médiatique que populaire, de la première édition, Thierry SABINE entend concrétiser pour la deuxième année. Ainsi dès l' automne la presse moto suit de près les préparatifs de l'édition 1980, de ce qui s'appellera le Rallye OASIS-PARIS-DAKAR. Curieusement c'est du côté des constructeurs que l'on se montre le plus timoré, et aucun constructeur n'envisage d'engagement officiel. En ce qui concerne BMW, les réponses restent dans le flou, il aura de la Béhème au Dakar mais sous quelle forme, mystère. Fenouil, qui reprend ses chroniques dans MJ, lèvera peu à peu le voile sur la présence des grosse Teutonnes. Pour finir le constructeur Européen confie 2 BMW 800 type ISDT et c'est le réseau des concessionnaires Français qui assumera le coût de l'opération en son nom. La concurrence promet d'être rude, une multitude de XT seront présente, curieusement peu de 500XLS, peu être trop fraîchement sortie, et dont il faudra prouver la fiabilité. GUZZI, déçu de la prestation de 1979 se retire, sinon l'on trouve quelques SUZUKI 370SP et autre KAWASAKI 250KL, et une DUCATI. Deux KTM sont également engagées avec des 240 2 temps munie d'énormes réservoirs, elles seront agiles, mais tiendront elles jusqu'à Dakar ? Pour ce qui est de BMW, outre les deux 800 du réseau, Patrick BOUJEAU 22 ans, agent des PTT de son état, présente un proto BMW en 1000cc préparé par ARCEUIL-MOTOR. Autour d'un cadre de série 5 muni d'une fourche et de suspensions MARZOCCHI et d'un échappement spécial. Avec un moteur issu d'une R100RT c'est la plus puissante machine de la liste des engagés. Mais revenons à nos deux 800, qui prennent le nom de GS80. Il s'agit en fait d'un savant dosage de série 7 et de proto ISDT. Techniquement ,et sans le dire, BMW entend profiter d'un fantastique banc d'essai pour sa future R80G/S (présenté en septembre 80), ainsi le moteur est issu de la R80/7 (798cc) avec un taux de compression de 9,3/1, 55ch et 6 mkg de couple. Placé dans un cadre d'origine renforcé. Le bras oscillant est celui de la future trail de série avec un combiné unique, auquel on a greffé un bras à gauche, pour camoufler le futur « monolever », camouflage qui s'avèrera bien utile au cours du rallye. La fourche, quant à elle est une MAICO de 43mm de diamètre, la machine ressort avec un poids à sec de 150kgs. L'assistance sera assurée par (seulement) deux véhicules avec mécaniciens, pour la petite histoire les concessionnaires passeront une pub dans la presse et appelleront les BMWistes à un rassemblement de soutien au départ de l'épreuve. Le premier janvier le départ est donné et les concurrents se retrouvent sur un terrain militaire à ORLEAN pour une première spéciale, qu'AURIOL, à la surprise générale et inquiétude de beaucoup, termine 8ème. Manifestement, le colosse enduriste manie facilement le « pachiderme » pas si pesant que cela. Lors de l'entrée sur le continent Africain, les monos prennent la tête du classement moto, les autos avec RAGNOTI et son Wolskwagen ILTIS devançant les plus rapides motos. Cependant Les BMW suivent, et AURIOL arrive même second lors de la spéciale d'IN-SALAH. Quant à la troisième BM, celle de BOUJEAU c'est l'abandon, alors qu'il était 5ème au général, ce pilote prometteur se perd entre IN-SALAH et REGGANE, mais l'on aura l'occasion de reparler du 1000 sur le rallye. Le classement moto se regroupe autour de future « figure » du rallye, NEVEU, bien sûr mais aussi, DESHEULLES, VASSARD, BRETON, MEREL, LLIORET et AURIOL, malgré une perte de 2h30 suite à une soupape grillée, FENOUIL quant à lui à son 800 qui ratatouille, il s'apercevra 48h après qu'il a une membrane de carbu poreuse. Pour finir il casse son amortisseur unique entre BORG et GAO, ce qui sera le début d'une longue série, qui émaillera tout le parcourt comme autant de pertes de temps précieux. La traversée du Sahara mettra en évidence des problèmes d'adaptation au médiocre » carburant local, à cause d'un taux de compression prévu pour le super, sans doute est-ce la raison qui verra les 80G/S de série pourvue d'un taux de compression de 8,4 (au lieu de 9,3) et de « seulement » 50ch. Lors de l'étape GAO-MOPTI, longue de 600 km, AURIOL signe le scratch, apportant la preuve de la suprématie du Flat-Twin dans ce genre d'épreuve. Minute après minute il grignote inexorablement sur LLIORET, premier épisode de la lutte BMW/KTM, à l'époque « DAVID 240 contre GOLIATH 800 », mais au delà, les autos commencent à douter de leur supériorité et RAGNOTI voit son ILTIS rejoint par la GS. C'est alors qu' AURIOL, devenu depuis l'organisateur du rallye (!), commet une erreur insensée. Lors du parcourt de liaison GAO, OUAGADOUGOU et BOBO-DIOULASSO, long de 1300km dont 300 de bitume, parcourt à réaliser en 36 heures, sa boite de vitesse se bloque, il est alors second au général et en tête des motos à 20 km de OUAGADOUGOU. Craignant d'être en retard et que son assistance ne le rejoigne à temps, il hèle un taxi-brousse, et aidé de FENOUIL, charge la BMW à l'arrière et prend place prés du conducteur. Accompagné de FENOUIL, il repartent et tombe sur un contrôle « volant » de l'organisation. Les deux pilotes exténués n'ont pas pesé les conséquences de leur choix et AURIOL s'effondre en larmes apprenant sa disqualification. Quel gâchis, il avait fort probablement course gagnée, il avait du temps devant lui et son assistance n'était pas loin du tout. La conclusion Hubert la donnera lui même : « J'était fatigué, j'ai fais une connerie. ». FENOUIL reste seul pour défendre le pur-sang Bavarois, et LLIORET termine l'étape avec un poigné cassé et abandonne. La fin est proche, le 20 janvier FENOUIL est 5ème à peine 2h derrière NEVEU, dont la régularité tire profit de l'hécatombe. A NIORO DU SAHEL il perd encore 2h, encore l'amortisseur, qui décidément trop faible, se verra adjoindre un second élément sur le bras gauche. A l'arrivé à DAKAR, c'est FENOUIL qui franchira la ligne le premier, 5ème au classement moto à 4heures de Cyril NEVEU. Malgré les amortisseurs, c'est quand même une BMW qui arrive la première sur la plage de DAKAR et c'est un spectacle auquel il faudra s'habituer. L'année prochaine peut-être. ![]()
III - 1981, Le prEsident AURIOL :
Septembre 1980, BMW crée l'événement avec la présentation de la R80G/S, bien évidemment cette machine, encensée par la presse, est indissociable du DAKAR, laissant augurer une participation majeure du constructeur Allemand à l'édition 1981. En effet, BMW entend marquer son nom dans les sables Africains de manière qu 'aucune tempête de sable ne puisse l'effacer. Dont acte, cette année c'est de l'autre côté du RHIN que l'on fourbira les armes. Sous le nom de BMW France et de l'hebdomadaire LE POINT, un budget, dérisoire aujourd'hui mais sans précédent à l'époque, de 110 000F (31000 de nos Euros environ) est réunit pour organiser l'équipe BM. Les trois motos sont des 800 GS directement préparées par l'usine, très allégées elles ne reprennent que le cadre de la version de série, le moteur (55ch) étant un ISDT plus léger de 20kgs, avec notamment des carburateurs en électron. Le réservoir est porté à 42 litres, la fourche reste un modèle cross », et le système de filtre à air reprend le principe des R75 « type Russie » de 1942. Le train arrière, point faible l'an passé, est renforcé avec un combiné unique de marque BILSTEIN. Le poids de la machine ressort à 140kgs à sec, soit celui des monos concurrents. L'assistance comprend trois véhicules et une équipe de sept mécaniciens. Les Pilotes sont Auriol, prétendant malheureux de l'édition 79 et néanmoins champion de France 1980 d'enduro, l'incontournable Fenouil, et Bernard NEIMER, qui courut les deux premières éditions du Rallye au guidon d'une 250XLS puis d'une Vespa ( !). L'équipe officielle se complète de deux machines semi-officielles emmenées par CAPITO et Herbert SCHEK. Préparées par ce dernier, ce sont des machines très proches du modèle de série dont elles sont issues, mis à part la fourche, le train arrière et le réservoir. Trois 900 privées sont également engagées avec Raymond LOIZEAUX, MOIJICA et DUPREZ. Bitzas basés sur des R90/6 elles se contentent d'une fourche MAICO avec roue de 21'' de deux amortisseurs De Carbon et récupèrent le réservoir des BM officielles de 1980. Ce seront avec 240kg les machines les plus lourdes de l'épreuve. Il ne faut pas oublier non plus, Patrick BOUJIAU qui revient avec sa 1000 de l'an passé et CHAPOT monté sur une R65. Soit un total de dix Flat-twin au départ de Paris, on est loin du sceptissisme de l'édition 1979 vis à vis des grosses Bavaroises. La concurrence est pourtant rude avec HONDA qui engage en force ses 500XLS avec NEVEU qui a abandonné la XT, YAMAHA de son coté met le paquet. L'armada Japonaise entend remettre les arrogantes BMW à leur place, HONDA pour imposer commercialement sa nouvelle XLS et YAMAHA pour conserver son titre. Ainsi l'on retrouve les héros de 80 : VASSARD, MEREL, BACOU etc. Le départ est donné et tous les regards sont posés sur AURIOL qui entend prendre sa revanche. Discrètes sur le prologue, SHECK et AURIOL sont respectivement 8ème et 11ème de la spéciale du camp des Garrigues, il faudra attendre la sortie de l'ALGERIE pour entendre parler de BMW. La traversée du Sahara sera l'occasion d'une véritable hécatombe chez les motards, MEREL et DESHEULLES n'atteindront pas GAO. Les BMW fonctionnent plutôt bien à part l'amortisseur arrière d'AURIOL qui talonne violemment, FENOUIL bloque son starter et finira à 50km/h le moteur de NEIMER est un peu poussif. Au départ de la spéciale des 4 chemins AURIOL emportera un amortisseur de rechange, bien lui en prit, il dut le monter, ce qui lui permettra de compter près de 4 heures ( !) d'avance à l'arrivée à TOMBOUCTOU, FENOUIL arrive en cinquième position, quant à NEIMER, il casse son moteur en franchissant la ligne d'arrivée. AURIOL est impérial, il se promène et met à profit son avance pour assurer en ménageant la mécanique. Entre TOMBOUCTOU et NIONO, il perd son réservoir sur un choc, mais repart sans encombre. Fenouil casse son embrayage, les nouveaux disque sont semble t'il moins costaud que les anciens. Un peu plus tard AURIOL monte en soutien son amortisseur de secourt sans ressort, ce qui provoque la rupture de la boucle arrière du cadre. NEIMER pour sa part casse plusieurs rayons et déplore une importante fuite d'huile. A BOURNA AURIOL compte 5'' d'avance sur la première automobile, le RANGE de son ami René METGE (4ème au général). Entre BOURNA et FERTI Gros soucis pour la Béhème de tête, rupture d'une tige de culbuteurs, AURIOL finira 4ème sur un cylindre. Les monos résistent, l'étape est remportée par l'étonnant BACOU suivit de NEVEU, VASSARD et FENOUIL est à la suite. Le sort en est jeté, décidement AURIOL et BMW sont imbattable, NEVEU déclarera même s'être trompé en endossant les couleurs de l'usine HONDA. Le classement démontre l'écrasante supériorité des motos Munichoise : AURIOL 1er, FENOUIL 4ème, NEIMER 7ème et même en 15ème position se trouve un certain Raymond LOIZEAUX, fonctionnaire de police de son état, qui aura mené au bout sa lourde 90/6. Pour la petite histoire il se verra décerner le prix MOTO-JOURNAL et se verra remettre une R80G/S toute neuve.Sur trois 800GS « LE POINT » trois seront à l'arrivée faisant preuve d'une indiscutable fiabilité. Les rares points faibles seront au niveau de l' embrayage, des membranes de carburateur, Qui n'apprécient que modérément les retours provoqués par le retard à l'allumage imposé par le carburant local. Et l'amortissement arrière reste toujours préoccupant. Mais c'est une belle façon de saluer le début de carrière de la R80G/S de série. Certes, il y a de considérables différences entre le modèle de série et la machine victorieuse, mais bien moins qu'entre les 530 et 550 qui n'ont en commun que le nom avec les 500 XT et XLS. Sur les dix BMW engagées quatre sont donc à l'arrivée, mais il ne reste que 8 XT sur 33 au départ, 5 XLS sur les 25 engagées et 1 KTM sur 5. L'importateur BMW-Italie suivra le parcourt du rallye avec un copain au guidon de deux R80G/S strictement de série, pneus y compris, sans autre soucis que du fesh-fesh dans le coupe-circuit. Hubert AURIOL 28 ans , 1m87, 85kgs ancien étudiant en sciences éco, refusé de justesse à l'entrée d'HEC, entre dans l'histoire du RALLYE et n'en sortira plus. Son intelligence du parcourt et sa sérénité au guidon auront couronné un grand champion et une excellente moto. Cette année il a roulé ayant toujours à l'esprit d'économiser la mécanique, il ne dépassera pas 165 compteur sur la route d'Algérie. Toutefois il aimerait bien disposer d'un 1000 capable de 190 compteur, il devrait être entendu... ![]()
IV - 1982, La BEMEzina
Les préparatifs de ce quatrième PARIS DAKAR ont un parfum de « courut d' avance », le seul imprévu venant de la réticence des autorités Algériennes à autoriser le passage des concurrents cette année. Finalement, tout rentre dans l'ordre et tous les acteurs ne pensent qu'à une seule chose : comment résister au BMW en général et à celle d'Auriol en particulier. Cependant, la suite démontrera que rien n'est jamais joué d'avance. Quelques mois auparavant, lors du Rallye de TUNISIE, Auriol a surtout oeuvré avec MICHELIN pour essayer des pneumatiques en vue du DAKAR, sans se préoccuper de la victoire, en fait, l'équipe, rejointe par WILKINSON comme sponsort, affûte ses armes pour l'épreuve de Thierry SABINE, avec des moyens encore augmentés tant en logistique qu'en personnel. HONDA et YAMAHA reviennent avec des prototypes d'usine, et de gros moyens, l 'escalade aux moyens a commencé. Les ténors du Rallye sont, bien sûr, tous là, et pour tous, un seul mots d'ordre : battre les BMW. De son côté le constructeur Allemand a engagé 4 machines d'usine, avec AURIOL dit l'Africain, FENOUIL alias le renard du désert et le « gardien de la paix » Raymond LOIZEAUX. La quatrième machine sera emmenée par Eric BRETON qui devra, quant à lui, assumer seul son assistance. Cette année, la cylindrée est portée à 980cc, divers renforts ont été aménagés sur la partie cycle et la suspension arrière améliorée (hélas !). La cylindrée de 1000cc permet l'usage d'un moteur quasiment de série dont la puissance ressort à une soixantaine de chevaux, capable de croiser à près de 170 km/h sur la piste. Aux quatre machines « usine », il faut ajouter la 1000 de HARSTEEN et les quatre 800 de PESHEUR, THORNE et des Italien BIANCHI et PEZZONI, pour un total de neufs bicylindres Bavaroises. Qui l'aurait prédit au départ de la première édition, alors même que bon nombre se gaussaient du « bitza » de FENOUIL ? Dès le prologue hexagonal, les BM font démonstration de leur talent, et AURIOL termine les deux spéciales d'OLIVET et du camp des Garrigues à la cinquième place, assurément, il fera tout pour confirmer le résultat de 1981 et il en a les moyens. Arrivé en Algérie les jeux semblent fait, et les commentaires résignés vont bon train, dans le camp des « monos ». Chez YAMAHA, on déclare : « si la BMW prend 30' jusqu'à GAO, ce sera très dur. C'est la fin des XT, AURIOL nous met 20 bornes, l'an prochain, il faudra revenir avec le V-twin (XV et TR1) ou renoncer. ». Ainsi c'est un AURIOL sûr de lui remporte la très rapide spéciale de BEL GUEBAR, il pulvérise les monos. il reste 2000 km jusqu'à GAO pour creuser l'écart pour ne plus être rejoint après. Cependant FENOUIL et LOIZEAUX ont du mal à maîtriser la 1000, et FENOUIL de déclarer : » Pourquoi le cacher, j'ai du mal à l'emmener à fond sur la piste. Elle est plus lourde que l'année dernière. C'est elle qui me conduit. Je vais essayer de m'y faire, mais quand elle se met à guidonner, je coupe. » BRETON est dans la même situation. Le colosse Raymond LOIZEAUX est plus « facile » mais il préfère ménager son premier guidon « usine », d' autant qu'il a des problèmes de fourche, celle-ci restera même bloquée pendant 50 interminables kilomètres qui l'amènent à GUERARA. AURIOL est alors souverain : « quand la BM guidonne, je reste à fond ! » spéctacle surréaliste qui sape le moral de ses adversaires. Puis il y eut la spéciale des « 4 chemins ». NEVEU raconte : « On avait la consigne de ménager le moteur, je faisais gaffe. Et puis Hubert est passé devant, j'ai voulu rester avec lui. J'ai tiré sur le moteur. Incroyable, il est parti sans que je puisse rien. Il a 20 bornes de mieux. Alors j'ai eut la rage, et j'ai cassé le moteur. ». NEVEU attend son assistance en regardant s'éloigner la fusée AURIOL, qui au loin ralentit et stoppe. A peine dix kilomètre après avoir laissé Cyril, la Béhème s'arrète en roue libre dans le sable. Boîte de vitesse cassée, AURIOL dira « à ce moment là, je croyais que tout était encore possible », l'assistance arrive répare, mais il faudra deux autres boîte pour rallier GAO à la tombée de la nuit. De son côté FENOUIL casse aussi sa boîte et BRETON se perd. A GAO, les mécaniciens se perdent en conjecture. CARERRA, le chef mécanicien constatera : « pour moi c'est le cardan qui travaille mal.C'est un simple cardan en sortie de boîte, c'est là que ça pète.Le débattement énorme lié à la longueur rallongée du cardan. ça doit jouer. ». Le soir même, le team-manager de BMW, BENAUEUR prend la terrible décision de se retirer de l'épreuve, qu'il justifiera par ces mots : « Je ne peux envoyer mes gars dans la nature avec le risque de casser sur une fausse piste. ». FENOUIL, amer au vue de la suite du parcourt dira « C'était cadeau pour nous ces pistes. » LOIZEAUX, lui se montrera très frustré, persuadé que sa BMW avait encore des chances de se placer. Ainsi la voie est libre pour les monos et NEVEU remporte logiquement son troisième DAKAR, les HONDA gagnent enfin, derrière, les YAMAHA, quoique très fiables auront ratatouillés tout au long du rallye. Pourtant, à l'arrivée à DAKAR, AURIOL est souriant et épanoui, il sait bien, qu'aux commandes d'une BMW, il est le plus rapide et il aura un autre rallye l'année prochaine, alors. Comme le dira un autre concurrent : « C'est AURIOL, il a toujours l'air d' avoir gagné, même quand il a prit un bide ! » ![]()
V - 1983, L'empotEe ose :
En cette fin d'année 1982, les préparatifs du rallye sont baignés d'une aura toute particulière. Depuis la première édition, la popularité de l'épreuve n 'a cessé de croître et les médias, spécialisés ou non, se sont emparés de l'événement. De nouvelles épreuves du même genre se développent, tel le nouveau rallye des Pharaons, de Tunisie d'Algérie etc. Le dessinateur Jean-GRATON consacre même une des aventures de « Michel VAILLANT » au Dakar ». Chez les constructeurs, la mode Dakar vient booster l'engouement du marché pour les Trails, outre BMW qui poursuit la commercialisation de la R80G/S, SUZUKI relance sa DR, HONDA présente la 600 XLR. Les kits et accessoires Dakarisant s'arrachent chez les revendeurs. Et, à peine quinzes jours avant le départ du rallye, YAMAHA présente la XT600 Ténéré, véritable Dakar-réplica ». En Europe, le motoriste Autrichien ROTAX, spécialiste de longue date des cylindres à trous, présente son interprétation du thème Gromono ». Ainsi apparaissent plusieurs machines d'enduros 4 temps accompagnés de l'odeur des sables Africains. Les enjeux commerciaux de ce numéro 5, sont désormais considérables, et jamais l'on n'avait encore vu autant de moyens mis en ouvre, tant par TSO, qui impose l'utilisation de balises ARGOS aux concurrents, que par les constructeurs. Victorieux l'an passé, HONDA met le paquet : 7 pilotes, 17 mécaniciens, 4 VL, 2 PL et même un avion( !). La victoire indiscutable de NEVEU en septembre au « Pharaons » désigne l'homme et la machine comme « imbattables » cette année. YAMAHA, vainqueur historique du genre et initiateur du « gromono » avec la XT, aligne 5 motos et une assistance comparable à celle de son concurrent Japonais. L'Autrichien KTM revient cette année avec des 4 temps (Rotax) et entend s'illustrer, la fiabilité en plus. SUZUKI sera représenté par deux DR privées. A cela il convient d' ajouter 10 BARIGO-Rotax, quelques PUCH (Auriol en pilotait une au Pharaons). Face à cette impressionnante armada, BMW fait figure , cette année, d' outsider bien que le staff mis en ouvre soit emarquable : les quatre pilotes seront secondés par 12 mécaniciens, 3 4X4 et 1 camion. Après la déconvenue de 82, on a beaucoup travaillé sur la moto, celle-ci baptisée R100C/C, préparée chez ARCEUIL-MOTOR, est toute nouvelle et progresse sur tout les domaines : 75ch, moins 20kgs (réservoir en kevlar). Le train arrière à été revu avec un bras oscillant rallongé pour limiter l'angle du bras par rapport à la boite. Le tube d'équilibrage de l'échappement est entouré d'amiante, « autorisée » à l'époque, pour faire chuter la température du moteur de 20°. Personne n'y croit cependant, le galop d'essai réalisé par MOTO-JOURNAL (N°584) impressionne les journalistes qui ont put comparer avec les monos d'usine dans ce comparatif. Pourtant, même AURIOL déclare avoir seulement l'intention d'arbitrer le duel HONDA/YAMAHA. Des essais seront réalisés pendant quinze jours dans les sables Algériens par les 3 « grands », essais aux cours desquels AURIOL se blesse à la cheville, pour la plus grande satisfaction de HONDA. Le rallye ne serait donc pas acquis aux flats, et NEVEU a fait mettre le Champagne au frais. Les quatre BMW, outre celle d'AURIOL, sont confiées à FENOUIL et LOIZEAUX ,accompagné de SCHECK lui même. Un Américain William SIEGEL est engagé avec une BMW 1000 et un certain GASTON RAHIER figure sur la liste. L'Allemand CAPITO, ami de SCHEK, ne pouvant prendre le départ pour raisons de santé, confie sa moto au triple champion du monde de 125 cross, sous le regard amusé des observateurs. Pourtant Gastounet fera parler de lui, il y a longtemps qu'il rêvait de participer, mais ses contrats en cross le lui empêchaient. Le prototype « CAPITO » est une arme redoutable, forte de 1053cc et de 90cv, capable de 195km/h, avec 20kgs de moins que les « officielles », une préparation allant jusqu'à l'étude en soufflerie, ça promet. RAHIER 34 ans, 1m64 et serein et tente cette première expérience sans grande ambition.Il est vrai que l'on à jamais vu un pilote de cross s'illustrer lors d'une première tentative. Au départ il manque une des BMW, l'américain SIEGEL abandonne, il explique J'ai cherché une assistance juste avant de partir, mais je n'ai trouvé personne qui puisse prendre mes affaires. Dans ces conditions ça ne sert à rien de partir pour ne couvrir qu'une étape. Dommage, j'arrive de Californie. ». Le rallye est bel et bien rentrée dans l'ère industrielle, au détriment, semble t'il de la camaraderie et de l'entraide. Lors des deux spéciales Françaises les Béhèmes restent discrètes (AURIOL 17ème ), l'attention se porte sur les problèmes électriques de la moto de Cyril NEVEU, grand favori, RAHIER lui finit 6ème. La Méditerranée traversée, c'est l'Algérie et, c'est de Gaston dont il est question. RAHIER attaque comme un fou, maniant sa lourde Teutonne comme une 125 cross. Il rattrape les concurrents qui le précèdent, les salue et les pulvérise. A OUARGLA il prend la tête du général. A EL GOLEA il fait le meilleur temps, bien qu'il se soit perdu et ait du rebrousser chemin. Le soir les commentaires sarcastiques vont bon train : « GASTON va vite, mais il faut qu'il se calme. On peut pas traverser l'Afrique à ce rythme. » Malheureusement entre Fort MERIBEL et BORDJ une grosse pierre rencontre le carter moteur du Belge, il attend sont assistance perd trois heures qu'il croit rédhibitoires et, par manque d'expérience, abandonne. Fenouil dira « C 'est peut-être mieux comme ça. Au train où il allait il devait casser, soit la moto, soit le bonhomme. », de son côté le « Renard » finira l'étape avec un tournevis pour tenir son étrier de frein, ayant perdu un boulon. Parti de DJANET, AURIOL se met en chasse, il ne compte qu'une petite heure de retard, à DRISS il est 4ème au général. A CHIRFA Hubert prend la tête, il ne la quittera plus.C'est l'entrée du redoutable désert du Ténéré, ou une tempête de sable fait rage, combinée à une piste épouvantable, c'est apocalyptique, l'assistance médicale trouvera inanimé, le motard Jean-Noël PINEAU qui décédera des suites de ses blessures après avoir été vraisemblablement renversé par un véhicule. SCHECK lui, chute lourdement et se brise la clavicule. Les concurrents se perdent et arrivent en ordre dispersé, hagards, épuisés, brisés. AURIOL qui aura accompagné Christine MARTIN, s'emporte : « SABINE est fou ! » d'avoir laissé les concurrents prendre le départ. Cependant, à AGADES, la moto blanche est toujours en tête, comptant une heure d'avance sur la HONDA de DROBECQ et 2h30, sur la YAMAHA de KIRKPATRICK, Fenouil est 13ème, LOIZEAUX 24ème. Entre KIFFA et KANDI AURIOL crève. Il se cache en attendant l'assistance, pour que ses poursuivants ne le voient pas, il repart et 15km plus loin re-belote. Heureusement, Raymond LOIZEAUX lui cède sa roue avant. DROBECQ n'est pas passé devant. Ainsi l'arrivée à DAKAR, dont la spéciale est remportée par FENOUIL, conclue la victoire d'AURIOL et de sa BMW sur laquelle 20, jours auparavant, personne n'aurait misé un kopeck. La HONDA de DROBECQ est seconde, et la SUZUKI privée de JOINEAU ravit la troisième place in extremis à la YAMAHA de KIRKPATRICK. FENOUIL et LOIZEAUX sont respectivement 9ème et 14ème. Désormais, l'on met ouvertement en cause la compétitivité des monos sur ce type d'épreuves : « Un mono ne gagnera plus jamais à DAKAR », pourtant, AURIOL déclare : « Un mono de 55cv serait l'arme absolue, c'est la puissance d'un MANX d'il y a vingt ans. ». Nous étions en 1983, et BMW allait fêter ses soixante ans. ![]()
VI - 1984, Un Gaston au dessus :
Forte de la victoire significative de la précédente édition, pour 1984, c' est la maison mère qui prend la direction des opérations en lieu et place de BMW France. Bon nombre de sponsors viennent soutenir l'engagement usine, la revue de charme PENTHOUSE et le pétrolier ANTAR notamment. Du côté des Japonais HONDA met tout son poids dans la balance en revanche YAMAHA échaudé par sa déconvenue de 1983 réduit les coûts. Les pilotes aussi y vont de leur bal : MEREL quitte YAMAHA pour HONDA, FENOUIL passe chez YAMAHA qui engage un pilote, le crossman Jacky VIMMOND. Le pétillant et éphémère RAHIER, remarqué par sa brève prestation de l'an passé, se voit offrir un guidon usine BMW, et le triple champion du monde de cross ne décevra pas. Manifestement les usines Japonaises entendent rétablir la hiérarchie en faveur des monos, et les machines alignées au départ, si elles rappellent leurs homonymes de série, n'en sont pas moins de véritables prototypes d' usine. De longs et complets essais se dérouleront en Afrique, chez HONDA on a le moral, le rallye des pharaons qui vient de se terminer à fait démonstration que la monture de DROBECQ ne s'en laissera pas compter par les grosses teutonnes. De l'autre côté du Rhin c'est sereinement que l'on a préparé les trois montures qui seront confiées à AURIOL, LOIZEAUX et RAHIER. Les essais seront réalisés du côté de SARAGOSSE. Pour cette année les améliorations portent sur la cylindrée portée à 1050cc, avec 80 ch et un couple optimalisé, une fourche MARZOCCHI et, selon l'exigence de RAHIER, un démarreur électrique. Le dispositif est alimenté par une pile au cadium-nickel dont l'autonomie est d'environ 15 démarrages, le surpoids n'est que de 10kgs, cependant AURIOL s'en dispensera dans les étapes techniques, alors que RAHIER ne sait, une fois, pas démarrer au kick ». Ceci étant, et malgré le surcroît pondéral, sur la balance les Béhèmes n'accusent que 170kgs à sec, un peu plus de 15 au dessus des monos. Une quatrième machine est confiée à Herbert SCHECK, mais hors TEAM, sorte de gratification au père des machines usines, qui pourra ainsi veiller sur ses « bébés » tout au long du parcourt. Pour être complet, il ne faut pas oublier la 80 G/S du docteur Adrien DESCORS-DEDER. Ce qui porte à cinq le nombre de FLATS-TWIN engagés. Côté pneumatiques, MICHELIN a mis au point le « BIB-MOUSSE », dont la chambre à air est remplacée par un boudin de mousse oint de gel anti-chauffe. Cependant ce montage ne sera adopté que sur les monos, car incompatible avec les contraintes physiques imposée par les 1000 Allemandes. Pour elles, les ingénieurs Auvergnats feront un panachage chambre à air mousse et gel, histoire de faire tenir les pneus au delà des 35 kms enregistrés lors d'essais à 170km/h. Le départ est donné sous l'oil des caméras de la chaîne nationale TF1, et à l'oreille de la station privée EUROPE 1, En effet, jamais couverture médiatique du rallye n'aura eut une telle ampleur : hélicoptère, studios itinérants, transmission par satellite, sont mobilisés pour ne pas en faire louper une miette au public, ainsi attentif aux juteux messages publicitaires. D'ailleurs, cette année sera celle des stickers, tant sur les machines que sur les pilotes. Un nom est sur toutes les lèvres : Gastounet. Dès le départ, il est l'objet de toutes les attentions, il en deviendra même la mascotte du rallye. Peut-être est-ce pour exorciser la crainte qu'inspire sa prestation époustouflante de l'an dernier, mais c'est aussi dû au charisme de ce sympathique et jovial pilote d'outre-Quievrin, toujours prêt à faire rire son auditoire avec moultes histoires. Dès l'entrée sur le continent Africain, les crossmen attaquent, sauf RAHIER qui ménage sa monture, histoire de ne pas rééditer sa mésaventure de 83. Les DROBECQ et VIMMOND filent à toutes allure, histoire de limiter l'avance des BMW. Dès EL GOLEA les problèmes techniques affecte les machines, tel VIMMOND qui s'embarrasse d'une aiguille de carburateur capricieuse et DROBECQ perd toute chance de victoire. RAHIER, lui, se perd à cause d'un road-book erroné. Entre EL GOLEA et IN SALAH, AURIOL s'arrète ayant perdu toute son huile à cause d'une fuite. Il sera dépanné par deux privés pour tomber en panne d' essence un peu plus loin. Il repartira grâce à l'intervention de LOIZEAUX. Gastounet de son côté butte sur un selecteur coincé contre le tube d'échappement. Les ennuis commencent alimentant les incertitudes du rallye. A TAMANRASSET, AURIOL arrive premier, mais le déplacement du contrôle d' arrivée le fait tourner en rond et perdre son avance. RAHIER prend la tête du classement général, LOIZEAUX est 6ème et AURIOL 8ème. A l'approche du TENERE, c'est RAHIER qui arrive en avance à DIRKOU, se permettant le luxe de parcourir 60 kms de l'étape du lendemain, histoire de repérer les balises. AURIOL et RAHIER se perdent, permettant aux crosmen en monos de profiter d' une piste quoi leur est favorable. VIMMOND remporte la première étape du TENERE au guidon de sa TENERE.A CHIRFA c'est LOIZEAUX qui place la première Béhème. BACOU prend la tête du général, mais les trois motos blanches le suivent dans un mouchoir à 21', dans l'ordre LOIZEAUX, AURIOL, RAHIER. Ainsi à l'arrivée à AGADES se sont les trois « 1000 » qui arrivent ensembles distançant tout le monde avec par endroit des pointes à 180km/h sur la piste. RAHIER reprend la tête suivit d'AURIOL, BACOU et LOIZEAUX. Entre AGADES et NIAMEY, AURIOL manque percuter un âne et chute plus loin, les autres lui mettent la pression en suivant sa trace. Entre NIAMEY et OUAGADOUGOU, RAHIER file devant et se perd, il rebrousse chemin, retrouve AURIOL et se colle à lui. Ainsi lorsqu'une vache a la malencontreuse idée de traverser la piste, les deux pilotes se gênent et se retrouvent par-terre. Peu de dégats pour RAHIER mais HUBERT a le réservoir éclaté, l'essence coule dans sa botte lui provoquant une brûlure au pied. Il dira « Je viens de prendre deux gammelle en deux jours, il va falloir que cela cesse. » A BOURNA le tiercé est BMW. LOIZEAUX semble désormais en mesure d'offrir le triplé au constructeur Allemand. Les écuries Japonaises font grise mine, tant devant la suprématie des flats, que devant l'accumulation de casses mécaniques induitent par le rythme imposé par les véloces motos blanches. Les 10ème, 11ème et 12ème étapes se déroulent avec un écart inchangé, VASSARD s'accrochant à une troisième place mis en péril par un LOIZEAUX menaçant. AURIOL arrive au ralenti à YAMOUSSOUKRO, son carter a été fêlé en heurtant une pierre. RAHIER est toujours en tête. VASSARD grogne : «J'ai courru 318kms en 3h09', ça fait du 100 de moyenne, et on perd quand même ! » Désormais, le seul suspense du rallye se résume au résultat de l' affrontement AURIOL/RAHIER, Gaston est plus « vite » mais fait quelques tout-droits, Hubert en profite pour grappiller quelques secondes. Lors de la 13ème étape TOUBA-KISSIDOUGOU, AURIOL revient à 10' de RAHIER et LOIZEAUX arrache la 3ème place à VASSARD pour 2'30''. L'entrée en GUINEE redonne un avantage de terrain au monos et VASSARD reprend 4'à LOIZEAUX ainsi que la troisième place. Au matin RAHIER prend sa moto et se plaint à son chef mécano d'un bruit anormal, ce dernier ne diagnostique rien, c'est alors que CASTERA, le chef mécano d'AURIOL intervient sur la transmission qui était en train de lâcher. Gaston s'emporte après son équipe, les accusant de tous les maux, et entraînant l'indignation d'AURIOL. La rivalité entre les deux leaders du classement est à son comble, et on en viendrait presque à oublier les autres concurrents de ce rallye devenu « MUNICH-DAKAR ». Entre LABE et TAMBACOUDA, Gaston remet les pendules à l'heure et creuse l'écart sur 250kms de piste infernale. C'est cependant BACOU qui arrive le premier. La spéciale de DIALAKOTO est remportée par un RAHIER acharné, LOIZEAUX chute, perd son réservoir et 4h, NEVEU en profite pour lui prendre la 4ème place. L'étape TAMBACOUDA-SALI PORTUDAL est composé d'une petite spéciale de 200kms et d'une liaison de 400kms de goudron. RAHIER attend AURIOL et, histoire d' en rajouter, lui suce la roue jusqu'à la sortie de la spéciale. L'arrivée est en vue AURIOL attaque et RAHIER. Le suit, cependant il rend la main lors de la seconde spéciale, assuré qu'il est de la victoire. Herbert SCHECK arrive cinquième. Pour le talentueux quinquagénaire, le rêve s' accomplit : les motos qu'il a préparées sont dans les cinq premiers, et il arrive à DAKAR avec une très honorable 21ème place. La victoire échoit à Gaston RAHIER, talonné à 11' par un Hubert AURIOL amer car la dizaine de victoires d'étapes qu'il a eut ont bénéficié au Gastounet suiveur. LOIZEAUX occupe la cinquième place à 4h5'. Dans une pub BMW publiée en Angleterre pour consacrer l'événement, l'on peut voir sur la photo Hubert AURIOL ( !), cependant en Allemagne l'on à « gommé » le numéro 100 sur la même photo, pour le remplacer par le 101 de Gaston RAHIER, étonnant non ? De son côté HONDA, qui vient de présenter la 750 XLV, fait la pub de son 600XLR avec ses mots : « HONDA premier mono au DAKAR 82,83,84. » ![]()
VII - 1985, SUS (la roue) A BMW :
La décennie avait cinq ans, le Rallye était devenue une véritable institution, la mode était résolument orientée sur le look DAKAR. Tout cela avait pour conséquence d'attirer de plus en plus l'attention du monde des affaires, car au delà des marchés des véhicules à moteur, où trails et 4X4 surfaient sur la vague dakarisante, l'habillement, les cosmétiques et les cigarettes fleuraient bon le fesh-fesh. C'est à cette époque que fût lancée la mode de la barbe naissante, entretenue avec soin pour toujours avoir l' air d'être de trois jours, comme celle de Thierry SABINE. C'est dire si l'édition 1985 du DAKAR représente de gros enjeux. Les constructeurs de motos, après YAMAHA et sa Ténéré, sortent tour à tour leur Dakar réplica : HONDA LM, SUZUKI DJEBEL et BMW qui présente une version PARIS DAKAR » de sa 80G/S. L'on assiste à une prolifération de rallyes Africains : ATLAS, PHARAONS, TUNISIE, ATLAS, ALGERIE, DJERBA 500 qui viennent concurrencer le rallye de TSO, qui restera toutefois le plus prestigieux et le plus controversé. Côté participants, il est manifeste que la préoccupation majeure des non-BMW est de trouver « LA » solution permettant de contester la suprématie du flat-twin d'un litre. Dès la rentrée les nouvelles vont bon train. Hubert AURIOL quitte l'écurie BMW pour fonder son propre team avec le constructeur italien CAGIVA(qui s'apprète à commercialiser la 50ELEFANT) associé à LIGIER. Le principe retenu est l'utilisation d'un moteur DUCATI Pantah dans une partie cycle tout-terrain, avec 70cv pour 160kgs, le projet est intéressant et l'on en reparlera sur les pistes Africaines. Hubert AURIOL amer de la victoire de RAHIER l'an passé a voulu changer d'air, avec son expérience et une machine compétitive, il entend retrouver la première marche du podium, il sera accompagné de MARINONI et le crossman PICART. Le constructeur Français MBK (ex MOTOBECANE) racheté récemment par YAMAHA présente le prototype « innovation », un concept original sur base de 350 RDLC, qui avec les 65ch de son bicylindre 2 temps et seulement 135 kgs inquiète, notamment les sponsors, car malheureusement ils ne prendront pas le départ faute d'un budget suffisant. Une nouvelle écurie DKV s'engage avec trois impressionnants protos 4 cylindres sur base KAWASAKI 750cc, avec 86ch et plus de 200km/h en pointe pour seulement ( !) 180kgs avec VASSARD, BOUDOU et GORONESTROL. Côté usines Japonaises l'on retrouve le staff habituels avec des protos monos, qui s'ils ne semblent pas compétitifs restent vecteurs de retombées pour les ventes de leurs homonymes de série, à signaler la sympathique participation du Suisse Eugen EICHER qui prendra le départ au guidon d'une BSA A65, prenant le pari d'arriver à Dakar avec une Anglaise. Pour se qui est de l'équipe favorite, peu de changements, le travail s'est essentiellement porté sur la partie cycle dont l'empattement gagne encore 5 cm à près d'1m60, le but est l'amélioration du confort des pilotes et la stabilité dans le sable. Un petit saute-vent et des déflecteurs étudiés en soufflerie, apparaissent, même le bruit a été calculé. De plus avec une magnifique décoration rouge et blanche, couleur d'un sponsor cigarettier, ces machines sont superbes. Elles seront d'ailleurs reproduitent par des fabriquants de jouets, sous formes de diverses maquettes, de puzzles et même d'une moto électrique pour enfants. RAHIER sera le pilote de pointe accompagné de l'enduriste Allemand Eddy HAU, qui remplace AURIOL, et de l' irremplaçable Raymond LOIZEAUX. Comme nous l'avons vu plus haut, plusieurs épreuves se déroulent à l'automne et sont misent à profits pour essayer et mettre au point les machines. Ainsi RAHIER et HAU font le doublé au rallye des Pharaons, ce qui n'est pas fait pour rassurer les concurrents, car la Béhème semble imbattable. Essayée avec ses principales concurrentes par POLI pour MJ (N°681) il écrira : « On se demande bien qui pourra inquiéter les pilotes (BMW). En 84 la BMW était déjà la meilleure, en 85 elle a progressé d'un grand pas et ses adversaires n'ont plus qu'à espérer la défaillance humaine, la machine semblant difficilement perfectible. » En effet Gastounet semble invincible. Les BMW n'engendre plus les quolibets des débuts, et l'on trouve sur la liste des engagés plusieurs d'entre elles. ENOUIL, qui revient à ses premières amours au guidon d'une 1000 « SCHECK », le gendarme Daniel PESCHEUR, un habitué, puis FAURET, HUTIN, LAURENT et ANDREOLI, en solo. Soit neuf machines en comptant les offiielles. En side-car il y a quatre équipages : COURJON/AGOSTINHO,VALCHEN/CABOT, PEETERS /VANDENHEUVEL, et les époux RENDELS, soit un total de treize machines Bavaroises, du jamais vu au Dakar. Le départ est donné, et le prologue voit RAHIER à la 7ème place, cependant il faillit bien ne pas arriver à SETE. Lors de la traversée de BRIVE sur la nationale 20, un spectateur mal avisé indique la voie libre à Gastounet, celui-ci , confiant, grille le feu rouge et percute la voiture qui arrivait à ce moment là. RAHIER est indemne, mais la machine a le cadre faussé. Gaston commettra l'erreur de ne pas réparer avant l'arrivée en Afrique. Le parcourt Algérien est une vrai galère pour l'équipe Munichoise, lors de la première spéciale, Raymond chute lourdement et reste plusieurs minutes évanoui, il abandonnera au départ le lendemain matin. RAHIER qui se bat avec son cadre faussé rendant la machine inconduisible chute trois fois et se traine, Eddy HAU crève, se perd et casse une boîte. La deuxième spéciale est du même tonneau, RAHIER casse sa roue avant, revient en arrière pour rejoindre PESCHEUR en panne, qui lui cède sa roue, solidarité BMW oblige, il remplacera LOIZEAUX comme porteur d'eau de RAHIER et bénéficiera en échange de l'assistance « usine ». Les ennuis s'accumulent, entre IN SLAH et IN ENGUEL, HAU chute et abandonne le bras fracturé. Il ne reste qu'une BMW officielle sur trois. Ce n'est guère mieux pour les autres milticylindres, AURIOL s'englue dans des problèmes de pompes à essence, et les 3 DKV 4 pattes abandonnent sur panne électrique. BACOU en profite et prend la tête du général, RAHIER est 16ème à 2h30, ce Dakar serait il celui des monos ? A AGADES, c'est un inconnu du rallye, Franco PICCO qui prend la tête devant BACOU. Entre AGADES et DIRKOU, Gastounet roule avec AURIOL et se ressaisit en arrivant le premier à l'étape, malgré une moto toujours tordue, incapable de dépasser le 150km/h. La lutte s'engage entre AURIOL et RAHIER derrière les monos, mais des ennuis electrique empêche Hubert de prendre sa revanche. A DIRKOU la BMW pointe à 33' du leader et prend la seconde place au général, AURIOL est sixième. A GAO le flat revient à 23', la LIGIER défaite est à 2h. Daniel PESCHEUR place sa 1000 en 31ème position, mais à 22h du leader. A TOMBOUCTOU RAHIER n'est plus qu'à 13' de PICCO, malgré une panne de road-book, qu'il avait pourtant complété avec un dictaphone sur lequel il enregistrait chaque matin le parcourt. A NEMA Gaston perd une vingtaine de minute et pointe à 35' derrière PICCO. A KIFFA seules neufs machines arrivent dans le temps imparti, le dernier dans les clous, c'est Gaston, qui échappe aux 15h de pénalisation pour seulement 29 secondes ! PICCO n'est plus qu'à 7', Lors de la liaison du lendemain PICCO écope d'une pénalisation offrant le leadership au « petit » Belge qui n'a plus qu'à mener tranquillement sa Béhème sur la plage de DAKAR, ou il sera sacré vainqueur avec 57'40''sur OLIVIER, le patron de SONAUTO ayant profité de la pénalité de PICCO pour lui ravir la seconde place. Hubert AURIOL n'est que 8ème à 5heures, mais il a fait la démonstration que la CAGIVA-LIGIER pouvait se montrer compétitive face aux BMW, et qu'il faudra compter sur elle lors de futurs rallyes. Daniel PESCHEUR quant à lui mène sa moto à la 11ème place à 70heures. BMW emporte son quatrième Dakar, ultime victoire pour le bon vieux flat-twin, qui a démontré pour toujours que, pour originale qu'elle soit, le bicylindre à plat constitue une solution intemporelle et efficace d' architecture moteur pour une moto. ![]()
VIII - 1986, Un peu mon NEVEU ! :
Les préparatifs de ce qui sera la dixième édition du rallye, sont à la mesure de l'envergure prise par l'épreuve auprès des médias et de l'opinion. Cette année tout sera plus grand, plus long et plus dur. Ainsi iront les polémiques et les événements qui jalonneront et même endeuilleront la Dakar 86. Côté « forces en présences » la lutte qui s'annonce semble limitée au seul affrontement des multicylindres, et des multicylindres il y en aura, car de l'avis de tous les observateurs, c'est la seule chance de vaincre les BMW. HONDA présente la NXR780, un V-TWIN à 50° d'une bonne soixantaine de chevaux, c'est une véritable machine d'usine pensée de A à Z pour remporter des rallyes Africains. Conçue comme une véritable machine de grands-prix , rien n'a été laissé au hasard afin d'obtenir une machine légère et équilibrée, à même de suivre les monos dans les parties techniques et de soutenir la cadence des « grosse » dans les portions rapides. Cependant, nouvelle venue dans les dunes de l'Afrique, elle n'inquiète pas faute de fiabilité avérée. Elles seront emmenées par NEVEU, LALAY et BARON. Chez YAMAHA, on a peaufiné les « Ténéré », mais Jean-Claude OLIVIER pilotera une étonnante FZ750 4 cylindres de 100ch mais de 200kgs. BACOU prenant pour sa part le guidon d'un « mono ». AURIOL revient cette année avec une toute nouvelle CAGIVA, qui perd le nom de LIGIER, mais gagne des centimètres cubes, à 860cc et forte de 81ch et de son expérience réussie de 85, elle se pose plus que jamais en anti-Béhème, MARINONI et PICARD seconderont le grand Hubert. Il y a aussi les BAUDOU à moteur 750 KAWA de DROBECQ et BAUDOU, et l' habituelle BSA du Suisse EICHER. Pour ce qui est des fières Bavaroises, elles seront neufs au départ huit bicylindres et la surprenante K75 de DE CHALÔN. On retrouve Gaston RAHIER , Eddy HAU et Raymond LOIZEAUX pour les machines usines qui sont globalement les mêmes que celles de l'an dernier. Les quelques améliorations portent sur le confort du pilote et le couple à bas régime. Les autres Flat-twins sont les 1000 et les 800 de, PESCHEUR, HUTIN, LAURENT et DUCHAUSSOY, sans oublier le retour d'Herbert SCHECK équipé d'une splendide 1020 équipée de culasses 4 soupapes KRAUSER portant la puissance à près de 90ch. Curieusement aucun side-cars en course n'opte pour la mécanique Munichoise Au total 25 machines de plus de 750 sont au départ résultat évident de l' influence de l'engagement de BMW dans ce type de course, malgré les quolibets des premières éditions. Le prologue du rallye se déroule à CERGY, sous la neige et c'est le rédac-chef de MJ qui fait le scratch étant le seul à avoir pensé à équiper sa moto de pneus cloutés. RAHIER glisse et chute et se blesse à l'épaule. La caravane accoste en Algérie sous la pluie et dans le froid. Le début du parcourt est favorable aux monos, d'autant plus que les favoris se perdent et cassent leur matériel, et c'est un illustre inconnu, le belge Guy HUYNEN qui prend la tête du général à EL GOLEA sur YAMAHA. Entre EL GOLEA et IN SALAH Gastounet à des problèmes de fourche et se vautre lourdement sur sa seconde épaule. HAU se place et se bat pour rester placé, malheureusement cet individualisme sera préjudiciable à l'esprit d'équipe et à Gaston. A TAMANRASET HAU est 6ème, RAHIER 8ème et AURIOL 9ème, seulement ce sont les deux NXR de NEVEU et LALAY qui mènent la danse 7secondes devant Eddy. PESHEUR perd le bras oscillant de sa BM sur une bosse et SCHECK grille une de ses huit soupapes et est contraint à l'abandon. La spéciale suivante est douloureuse pour les motos Allemandes, panne d' essence pour HAU et RAHIER avec perte de temps, HAU et cinquième et ne veut pas rétrograder. Entre TAMANRASET et AGADES chute pour AURIOL, RAHIER et BACOU qui abandonne sur fracture du fémur. Entre DIRKOU et AGADEZ ennuies électriques pour Gaston, ses épaules douloureuses lui empêchent de déposer seul son réservoir, il fait signe à son coéquipier, Eddy s'arrête, mais repart sans l 'aider pour conserver sa place. Gaston fulmine il doit attendre LOIZEAUX et perd deux précieuses heures pour une réparation de dix minutes. A NIAMEY les deux HONDA semblent favorites, HAU est à 2h42' et RAHIER est à quatre heure. Puis vint le 14 janvier, jour de l'étape NIAMEY/GOURNA, RAHIER crève et HAU ne s'arrête pas, 40 minutes de perdues pour Gaston. A la tombée de la nuit un hélicoptère de l'organisation avec à son bord, Thierry SABINE, Daniel BALAVOINE, Nathalie DOIT, Jean-Paul LEFUR et le pilote François-Xavier BAIGNON atterrit à 20 km du camp à cause d'une visibilité réduite. SABINE décide de repartir quand même, se met aux commandes et suit les phares des concurrents pour se repérer, et à 10km du but, c'est le crash, aucun ne survivra. Sur le rallye c'est la stupeur, mais tous sont unanimes : « show must go on ». Le départ est donné le 16 janvier pour l'étape BAMAKO/LABE, mais le cour n'y est plus. RAHIER connaît des problèmes de filtre à air, cette fois ci HAU s'arrête les deux pilotes ayant mis à profit la suspension du rallye pour accorder leur violon. LOIZEAUX lui chute d'épuisement. Entre LABE et KAYES HAU crève de l'arrière et Gaston explose sa boîte de vitesse. Eddy est 7ème à 3h31' et Gaston 14ème, les HONDA sont toujours devant, et le seul suspense est l'issue du duel NEVEU/LALAY. HAU signe le meilleur temps à l'arrivé à ST LOUIS, mais le sort en est jeté. Gaston RAHIER remportera même les deux dernières spéciales, mais le verdict est sévère : BMW est vaincu.Seule consolation, Raymond LOIZEAUX pointant en 23ème position, les trois BMW du départ sont à l'arrivée. Pour HONDA c'est la consécration car, outre le doublé NEVEU/LALAY sur les bicylindres, les monos HONDA font 3,5 et 6. En l'absence des NXR, les flats auraient été vaincus.Les monos auraient ils encore leur mot à dire ? ![]()
IX - 1987, DAKAR rate :
L'usine BMW avait annoncé son retrait de l'épreuve, mais c'était sans compter sur la ténacité de Gastounet, qui devenant team-manager réussit à convaincre la direction Munichoise de revenir sur le DAKAR. Les ingénieurs abandonnent la finalisation de la future R100GS et préparent quatre nouvelles montures. Elle sont magnifiques avec un haut de carénage et une fourche inversée, pour les pilotes, exit Eddy HAU qui sera remplacé par l' Italien FINDERNO ainsi que BAUDOU qui a renoncé à sa « grosse » KAWASAKI, sans oublier l'irremplaçable RAYMOND LOIZEAUX. L'on trouve également le team de la gendarmerie nationale avec HUGER, MENIL et LEGENDRE. Et une toute nouvelle écurie ECUREUIL sur d'étonnante machines à la partie cycle modulaire et une mécanique BMW, les pilotes sont POLI, PESCHEUR et MORALES. Et le lot habituel de privés choisissant la sécurité d'une machine fiable : MAIRINGER, BIRBES, ECKERT. Cette année il y a le side de PERREAU/VAESEN et la une nouvelle fois la K75 de DE CHÄLON. Les autres écuries sont peu ou prou identiques à l'édition 86, et ce DAKAR sera celui du duel AURIOL/NEVEU, que Gaston accusera de coalition contre lui, ce fût sans doute vrai mais c'était de bonne guerre. En fait, même s'il suivit le rythme, jamais une BMW n'inquiétera les duettistes dont le vainqueur sera NEVEU. En effet, à l'arrivée à DARA NEVEU croit avoir distancé Hubert. Cyril s'écrit « enculé » voyant Hubert arriver à peine cinq minute après lui. Il a les deux jambes brisées, et l'on se souvient tous de ses larmes et de l'étreinte de la main de Cyril dans celle d'Hubert.RAHIER termine honorablement à la 3ème place, mais à 3h30, LOIZEAUX et BAUDOU finissent aux 15 et 16ème place, respectivement à 26 et 27 heures du leader. La question de la compétitivité des Flats-twin est posée et BMW se retire de ce type de compétition et n'y reviendra qu'à l'orée du XXIème siècle sur des monos, mais c'est une autre histoire. Restera dans l'histoire cette fabuleuse aventure où la plus routière des machines devint l'inspiratrice de toute une génération de motos tout terrain qui, aujourd'hui encore, portent les stigmates de l'hélice bleu de MUNICH, quelques soient leur marque. Par Hervé Noël Staal [RV80 G/S © Août 2002
PARIS-DAKAR - Le pari du flat
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